DÉNOMINATION
HISTORIQUE
Période
seconde moitié du XXe siècleAnnée(s) de réalisation
1977Commanditaire(s)
Caisse d'Épargne et de prévoyanceConcepteur(s)
Pierre Dugravier, Pierre Layré-Cassou, Edmond Lay (architectes) SODETEG (burerau d'études techniques)PROTECTION(S)
Monument Historique
Plan Local d'Urbanisme
A GRANDS TRAITS
"Le seul monument moderne de la métropole Aquitaine à avoir jamais été reproduit en carte postale !".
Voilà comment Edmond Lay parle de la Caisse d'Épargne de Bordeaux-Mériadeck (interview Sud Ouest du 25 septembre 1985), œuvre dont il est l'auteur avec les architectes Pierre Dugravier et Pierre Layré-Cassou. Imaginé au début des années 1970, le bâtiment ne passe pas inaperçu, même dans le quartier moderne de Mériadeck :
"Mériadeck donne une autre dimension à Bordeaux et la Caisse d'Épargne donne une nouvelle dimension à Mériadeck" (discours de Jacques Chaban-Delmas lors de l'inauguration officielle le 27 juin 1980). Son architecture audacieuse est très vite reconnue dans le monde entier et récompensée par le grand prix national d'architecture en 1984.
En 2016, la Caisse d'Épargne quitte les locaux pour s'installer quai de Paludate. Le promoteur Norbert Fradin acquiert l'immeuble avec plusieurs objectifs de valorisation.
En 2022, l'ensemble est classé au titre des Monuments historiques, mesure venant supplanter la première protection de 2014 (inscription).
DANS LE DÉTAIL
Malgré un programme des plus classiques, répondre à la fonction bancaire d'un établissement, les architectes ont livré un bâtiment à l'allure singulière fait de matériaux employés à dessein : rappeler aux épargnants sécurité et solidité de l'établissement. L'aspect extérieur est un empilement de rectangles et de courbes dont les faces visibles sont recouvertes de panneaux de béton incrustés de gros cailloux de calcaires du Lot-et-Garonne. Cet aspect rugueux est reconduit à l'intérieur où les repères habituels d'un siège de banque et de bureaux disparaissent derrière l'architecture cathédrale. En effet, les 10 500 m² de surface sont répartis selon les besoins sur les cinq niveaux. Chacun à son fonction : des deux niveaux de parking souterrain à la salle des coffres en passant par les bureaux de la direction, tout en à fait en haut, "comme un commandant de navire" (interview d'Edmond Lay en 1975).
Du vert et de l'eau pour un bâtiment minéral
Malgré leur suppression progressive, de nombreuses zones vertes et aquatiques ponctuaient les espaces du bâtiment, amenant un contraste bienvenu avec la rugosité des parois. De nombreux jardins intérieurs et de grands bacs pour les plantes sont aménagés, soit filant le long des coursives, soit implantés dans des zones recevant la lumière naturelle. Les ouvertures zénithales et l'espace central cathédral offrent un grand terrain de jeu pour la lumière, qui devient reflets cinétiques par l'entremise de l'eau sur les murs de béton et de pierre. Ces apports intérieurs de lumière et d'eau donnent une vie au bâtiment, qui plus est à l'apparence extérieure sombre. Cet effet recherché est cher à Edmond Lay qui l'emploie déjà avec bonheur dans le bâtiment de l'IRTS à Talence.
Le Guggenheim de Mériadeck ?
S'il ne l'a jamais vraiment caché, ni avoué non plus, Edmond Lay fait un clin d'oeil, avec le dessin de la Caisse d'Épargne de Bordeaux-Mériadeck, à celui du musée Salomon Guggenheim de New York. Cet hommage n'est pas le fait du hasard puisque Edmond Lay passe une partie de sa formation d'architecte aux États-Unis, en particulier dans les ateliers de Franck Lloyd Wright, l'auteur du musée newyorkais au début des années 1950.