DÉNOMINATION
HISTORIQUE
Période
première moitié du XIXe siècleAnnée(s) de réalisation
1829Commanditaire(s)
Ville de Bordeaux Archevêché de BordeauxConcepteur(s)
Jean Burguet, architecte (1825-1829) Alexis Roché, inspecteur des travaux (1825-1829) Gabaud et Lalanne, entrepreneurs (1825-1829) Pierre Mathieu et Jean Sérieis, architectes (1966) Victoire-Élisabeth Calcagni, artiste (1966) Jacques Dupuy, maître verrier (1966) Hugues Maurin, sculpteur (1966)PROTECTION(S)
Monument Historique
Plan Local d'Urbanisme
A GRANDS TRAITS
Partie intégrante du grand hôpital Saint André inauguré en 1829, la chapelle prend place dans la partie centrale donnant sur la place de la République, reconnaissable à son entrée monumentale et son dôme en zinc.
En 1966, une restauration d'ampleur permet de mettre en valeur l'édifice par un plus grand dépouillement et la mise en lumière de nombreux artistes de la place bordelaise ayant discrètement collaboré au décor.
DANS LE DÉTAIL
Dans les cartons depuis la seconde moitié du XVIIIe siècle, la décision de construire à neuf un grand hôpital central pour Bordeaux ne se concrétise qu'au début du XIXe siècle. Après un concours d'architecture, le projet de Jean Burguet est finalement choisi par les édiles bordelais. Dans ses premiers plans, Burguet rejette la chapelle près de l'aile ouest avant de lui donner une place centrale au cours de l'année 1822. Cet emplacement n'est pourtant pas visible en façade : les baies et portes respectent une parfaite symétrie et un gabarit identique. Seule l'entrée monumentale signale la présence d'une fonction autre qu'hospitalière à cet endroit. L'avant-corps à colonnes surmonté d'un fronton triangulaire, très sobre, plonge un peu plus l'édifice dans un classicisme de rigueur à cette époque.
À l'intérieur, le plan centré favorise une coupole au cœur de la nef dont l'oculus zénithal donne une lumière bienvenue. Comme à l'extérieur, le décor est mesuré. Les chapelles latérales sont couvertes de voûtes à caissons, une frise à denticules couronne l'ensemble des murs sous le départ des voûtes. Une frise à la grecque anime la balustrade de la tribune, écho à celle qui se devine au sommet de la coupole. Les vitraux du XIXe siècle sont déposés mais conservés dans l'édifice au cours de la restauration de 1966.
1966, année artistique
Sous la conduite de Pierre Mathieu, architecte du centre hospitalier régional, la chapelle est entièrement restaurée.
Le travail consiste à retirer des murs l'ensemble des enduits et des peintures du XIXe siècle afin de retrouver la beauté brute de la pierre de taille. Cette démarche de dépouillement est influencée par le "don" de cette chapelle par l'archevêché catholique au culte protestant après les travaux. Pour coller à cette démarche minimale, Mathieu et son confrère Jean Sérieis font appel à de nombreux artistes pour la réalisation du décor. L'artiste Victoire-Élisabeth Calcagni se charge du dessin des six verrières non figuratives, exécutées par le maître verrier bordelais Jacques Dupuy. Elle dessine également la broderie monumentale habillant le chœur, réalisée dans les ateliers des sœurs Clarisse. L'artiste Hugues Maurin se charge du chemin de croix en métal et du tabernacle. Enfin, la peinture qui recouvre le bois des statues de saints est retirée.
Cette restauration qui met à l'honneur les talents des artistes est aujourd'hui encore visible, à l'exception de la broderie monumentale, déposée en 2017 et remplacée par une peinture aux couleurs plus vives...