DÉNOMINATION
HISTORIQUE
Période
seconde moitié du XXe siècleAnnée(s) de réalisation
1964Commanditaire(s)
Université de Bordeaux Ponts et Chaussées de la GirondeConcepteur(s)
Pierre Mathieu, Claude Bouey, architectes Georges Minet, ingénieur des travaux publics de l'État (devis-programme) SOCOA (société de construction d'ouvrages d'art), maître d'œuvre société d'équipements de la Gironde, conducteur du chantierA GRANDS TRAITS
En 1964, se dresse dans le ciel du domaine universitaire un "vase de béton", comme le surnomme le journal Sud Ouest. D'une capacité de 3 millions de litres, il s'agit d'un des plus grands réservoirs de la région. La forme adoptée par les architectes est celle dite de l'hyperboloïde de révolution, qui donne une allure élancée à l'édifice tout en masquant la cuve. Grâce au plissage des voiles de béton armé de la base au sommet, l'ouvrage se fait à la fois discret et emblématique dans le paysage universitaire.
Un ouvrage d'art remarqué
En 1966, la publication du Service central des équipements urbains sur l'Esthétique des châteaux d'eau met à l'honneur celui de Pessac, fraîchement édifié. Cette distinction dans le petit milieu de l'architecture des ouvrages d'art montre toutefois l'esprit d'innovation dont a fait preuve l'équipe de Pierre Mathieu pour le domaine universitaire de Pessac-Talence. Pour autant, ils reprennent une forme (hyperboloïde de révolution) adoptée quelques années plus tôt à Royan par les architectes Guillaume Gillet, pour le château d'eau de Belmont (1961), et Jean-Jacques Dartenuc pour celui de Saint-Pierre (1961). L'hyperboloïde est une forme popularisée à l'après guerre à la cathédrale de Brasilia (Niemeyer architecte) et au Palais de l'Assemblée à Chandigarh (Le Corbusier architecte).
Pour la construction, les équipes d'ingénieurs de la SOCOA ont mis en œuvre la technique du coffrage dit glissant, c'est-à-dire un coulage du béton dans une structure métallique installée au fur et à mesure du durcissement de la matière. Cette technique de coulage en continu a l'avantage d'éviter les fissures au retrait du coffrage.
Concernant l'aspect, Pierre Mathieu et son équipe d'architectes ont proposé un béton armé dit plissé, employé avec succès par les architectes du siège de l'Unesco à Paris en 1958 et du temple de Châtelaine à Genêve en 1959. Ce plissage offre de très beaux jeux d'ombre et de lumière au fil de la journée. Un soin particulier a été amené par un léger sablage du béton, renforçant la qualité générale de l'ouvrage.
Un frère jumeau
En 1964, le même modèle de château d'eau est présenté en maquette pour couvrir les communes de Léognan et Cadaujac. L'entreprise S.O.C.O.A., rompue à l'exercice de ce type de travaux, remporte le chantier. Implanté au sud du château Carbonnieux, il est mis en service en 1965.