DÉNOMINATION
HISTORIQUE
Période
seconde moitié du XXe siècleAnnée(s) de réalisation
1974Commanditaire(s)
Éducation nationaleConcepteur(s)
Pierre Mathieu (1ère tranche, 1963) AUA 33 (Pierre Mathieu, Pierre Calmon, Claude Bouey, Roger Tagini) (2ème tranche 1970) Société des grands travaux de Marseille (entreprise générale)PROTECTION(S)
Plan Local d'Urbanisme
Autre(s)
Architecture Contemporaine RemarquableA GRANDS TRAITS
La cité administrative est l'unique gratte-ciel bordelais, conçu par l'architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux Pierre Mathieu en 1963 et érigé en deux tranches entre 1965 et 1974. L'édifice est composé de deux tours jumelées (90 et 72 mètres de hauteur) installées sur un socle comportant deux niveaux. Les deux tours sont connectées par un bloc-passerelle transparent. Elles sont composées d'un noyau central en béton, d'une ossature métallique, et d'un mur-rideau en aluminium et verre.
L'idée d'une cité administrative, l'État à la manœuvre
L'éparpillement des agents de l'État dans divers bureaux des métropoles françaises décide les ministères à la construction de cités administratives rassemblant l'ensemble des services en un même lieu. Cette idée prend forme avec la désignation, dans chaque Région, d'un architecte ayant eu le concours des bâtiments civils et palais nationaux. À Bordeaux, en 1950, c'est Pierre Mathieu qui reçoit cette charge dont le programme est, dans un premier temps, assez flou. Il s'agit pour Mathieu de réfléchir à l'implantation et à l'architecture d'un pôle de bureaux d'environ 10 000 m².
Malgré les contestations de le la municipalité de Caudéran, les terrains de l'American Park sur les boulevards sont réquisitionnés en 1955 comme futur emplacement. La commission centrale de contrôle des opérations immobilières valide le principe de construction de la cité administrative en 1952, puis du programme de regroupement des services en 1955 et en 1960. Cela a pour incidence l'augmentation considérable des volumes à construire, passant en cinq ans de 10 000 à 60 000 m². C'est ainsi que Pierre Mathieu et son équipe doivent remanier à plusieurs reprises leur projet pour se résoudre à présenter, après consultation de la commission parisienne des bâtiments civils et palais nationaux, deux tours, afin d'éviter une barre dont l'effet dans le quartier aurait fait une "forteresse épouvantable".
Les plans définitifs sont approuvés à l'été 1963 et prévoient deux tranches de travaux :
- la tour A (24 niveaux), construite de 1964 à 1967 ;
- la tour B (19 niveaux), construite de 1971 à 1974.
L'Amérique sur les boulevards
"et je me suis inspiré d’ailleurs, il faut bien le dire, d’un bâtiment qui venait de se faire à New York qui était le Lever building qui est un petit chef-d’œuvre, indiscutablement, ça m’a tout de même un peu inspiré il faut le reconnaître".
De l'aveu de l'architecte, le Lever House à New York est un des modèles de la cité administrative. Pierre Mathieu, en voyage aux États-Unis en 1953 visite la fin du chantier de l'immeuble de bureaux, œuvre de l'architecte Gordon Bunshaft et son agence Skidmore, Owings & Merill (SOM) débutée deux ans plus tôt. Dix années plus tard, l'idée d'un socle aux deux tours, sous forme de hall à patio, est reprise, tout comme la ventilation et la climatisation dans les bureaux, indispensables à ces hauteurs. Toutefois, les murs-rideaux des façades sont en aluminium et non de l'acier inoxydable et le verre est teinté, couleur ciel, afin d'alléger l'ensemble dans le paysage bordelais.
Comme un clin d’œil à l'histoire du lieu, la cité administrative, d'inspiration américaine, remplace l'"American Park", ancien parc d'attractions bâti sur les modèles outre-atlantiques et qui connut ses heures de gloire entre 1910 et 1940.