Résidence Ornano

CRÉÉ LE 22/04/2026
44-46 rue d'Ornano -  Bordeaux
CONTRIBUTION VÉRIFIÉE
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Détail des balcons de la façade sud.
Détail de l'une des entrées nord avec le nom des architectes.
Plan de masse de la résidence par les architectes Jean-Jacques et Philippe Chaveron, 1970.
Élévations principales de la résidence par les architectes Jean-Jacques et Philippe Chaveron, 1970.
Plan de l'étage courant de la résidence par les architectes Jean-Jacques et Philippe Chaveron, 1970.
L'inspiration des frères Chaveron : le siège de l'Unesco à Paris, inauguré en 1958.

DÉNOMINATION

Bâti Habitat (Habitat collectif)

HISTORIQUE

Période

seconde moitié du XXe siècle

Année(s) de réalisation

1974

Commanditaire(s)

L'Habitat Girondin (société coopérative d'HLM)

Concepteur(s)

Jean-Jacques et Philippe Chaveron (architectes)
Consultez la source de l’iconographie en affichant l’image en plein écran.

A GRANDS TRAITS

La résidence d'Ornano est l'une des plus belles réalisations sociales des Trente Glorieuses à Bordeaux. En 1970, les architectes Jean-Jacques et Philippe Chaveron réussissent à livrer un immeuble à l'architecture et aux matériaux soignés qui renferme 48 appartements en accession à la propriété destinés aux revenus moyens voire modestes. Les premiers occupants profite de leur large balcon dès le printemps 1974. 

DANS LE DÉTAIL

L'immeuble étroit s'insère dans un parcellaire contraint entre les rues Joseph-Abria et d'Ornano. Les architectes répondent à cette problématique en proposant une construction étroite et tout en longueur pour 8 étages. Cette disposition permet d'aménager 6 appartements par niveaux, répartis équitablement de part et d'autre d'un grand refend central. Ainsi, chaque partie est indépendante, marquée au rez-de-chaussée par leur hall respectif ouvert sur les des deux façades principales. Ces parties communes sont équipées d'une cage d'escalier et d'un ascenseur qui desservent trois logements par niveau.

L'architecture est soignée et le béton brut de décoffrage lissé et uniformisé donne un aspect fini très "standing". Sur chaque façade principale, l'horizontalité des balcons est interrompue par des saillies, en réalité des murs de refends porteurs qui rappellent les bases du "procédé Camus", système constructif employé dans les immeubles collectifs dès 1948. Sur les pignons, les architectes prolongent les horizontales par l'intégration de lignes, qui marquent les assises de la pierre dure appareillée employée en revêtement par-dessus les panneaux de béton armé. Chaque pignon repose sur quatre poteaux de béton armé qui dégagent le rez-de-chaussée pour le passage des piétons et des véhicules. Ces poteaux sont aussi soignés avec un profil en "V" et des faces apparentes en pointe de diamant, donnant une élégance et une légèreté à l'ensemble. Le motif de la pointe de diamant se retrouve dans une autre résidence des frères Chaveron réalisée quelques années plus tôt au 61, rue Jules-Ferry.

Un immeuble qui anticipe l'urbanisme

Les travaux de terrassements débutent en 1970 dans un îlot dense, composé d'entrepôts et d'échoppes, situé entre la nouvelle dalle de Mériadeck et le boulevard, au sud du cimetière de la Chartreuse.

Il semble que l'Habitat Girondin achète la parcelle dans l'optique :

  • du percement de la nouvelle rue Général de Larminat, reliant le boulevard à la rue d'Ornano en coupant la place Gaviniès ;
  • de la destruction et de l'aménagement du nouvel îlot.

Cette anticipation offre à la résidence une place privilégiée dans l'urbanisme moderne voulu par la municipalité entre Mériadeck et le boulevard.

Des références ultra bordelaises

Les frères Chaveron semblent s'inspirer de multiples édifices pour leur résidences. Il semble certain qu'il connaisse l'immeuble du secrétariat du siège parisien de l'Unesco, œuvre des architectes Bernard Zehrfuss, Marcel Breuer et Pier Luigi Nervi inaugurée en 1958. En effet, les bordelais reprennent à leur compte le principe du dégagement du rez-de-chaussée au niveau des pignons, mais aussi celui des poteaux qui supportent l'étage. Autre ressemblance troublante, pour ne pas dire hommage, l'utilisation  des mêmes saillies "une sur deux" qui scandent les façades horizontales et qui donnent tout le caractère au bâtiment.

La forme et le profil en diamant des poteaux peut aussi être un clin d'oeil aux réalisations de l'architecte autrichien Marcel Breuer qui l'utilise dans de nombreux bâtiments (centre IBM de La Gaude, 1962 et siège des laboratoires Sarget à Mérignac, 1967).

LOCALISATION

DOCUMENTS

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