Résidence Parc Raymond Poincaré

CRÉÉ LE 09/01/2026
381 avenue d'Arès -  Bordeaux
CONTRIBUTION VÉRIFIÉE
27
La résidence Poincaré peu après sa construction en 1962.
Perspective schématique des résidences du Parc Raymond Poincaré par l'équipe de René Guibaut en 1959
Élévation des façades est des résidences du Parc Raymond Poincaré par l'équipe de René Guibaut, 1959

DÉNOMINATION

Bâti Habitat (Habitat collectif)

HISTORIQUE

Période

seconde moitié du XXe siècle

Année(s) de réalisation

1962

Commanditaire(s)

René Guibaut (conseiller en bâtiments) Fédération des mutuelles de fonctionnaires et agents de l'État

Concepteur(s)

René Guibaut (conseiller en bâtiments) Henri Maubaret (directeur des travaux) Jean Dupuy (directeur des études) J. A Delmas (entreprise générale)
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A GRANDS TRAITS

En 1962 s'achève la construction des 192 logements économiques et familiaux destinés aux fonctionnaires et agents de l'État.

Au-delà des lignes horizontales soulignées par les balcons filants, c'est la préservation du cadre végétal du parc qui en fait l'une des grandes réalisations résidentielles de l'après-guerre à Bordeaux.

DANS LE DÉTAIL

L'ensemble s'insert dans une parcelle de deux hectares entre l'avenue d'Arès au sud et la rue de Calendrin au nord, ces dernières donnant le nom aux deux immeubles de logement. La construction d'un immeuble courbe donnant sur l'avenue d'Arès offre sur deux niveaux des commerces et des logements.

L'architecture et l'orientation sont traitées de la même façon pour les deux immeubles de 8 et 12 étages : un rez-de-chaussée consacré aux garages privatifs et les niveaux supérieurs aux logements. Les façades côté rue Mac Carthy reçoivent les cages d'escaliers qui viennent interrompre les lignes des balcons. Côté parc, à l'est, les façades ne sont que balcons filants traités en retour sur les pignons.

À l'intérieur, la majorité des appartements est traversant et bénéficie ainsi des bienfaits d'une double façade.

Une volonté : la préservation du cadre végétal

En 1958, le promoteur-constructeur René Guibaut met en avant la qualité du projet dans une lettre de présentation :

"Par notre chantier "Les Frênes", 195, rue du Jardin-Public à Bordeaux, nous prouvons que dans le respect absolu de la loi, il est possible de construire rapidement, en traditionnel lourd de qualité parfaite, un immeuble collectif groupant 108 logements économiques et familiaux très confortables que les générations à venir ne nous reprocheront pas de leur avoir légués.

[...]

Notre intention est de régénérer ce parc en y aménageant des pelouses et des allées pour piétons, et surtout en sauvegardant les arbres magnifiques y existant qui seront après élagage et éclaircissage la plus belle parure de notre ensemble.

Nous pensons en effet qu'il est possible d'ériger une construction de plusieurs étages en quelques mois mais qu'il faut cinquante ans et plus pour obtenir de grands et beaux arbres à l'échelle de cette construction.

Si nous étions animés par le seul souci du lucre et de la spéculation, nous aurions envisagé le morcellement de cette propriété, qui, comme tant d'autres, serait dans ce cas irrémédiablement détruite. Mais elle pourrait aussi bien être détruite par l'implantation de plusieurs immeubles collectifs, solution à laquelle nous sommes particulièrement opposés.

Nous pensons en effet que la conception du groupement de plusieurs petits ou moyens immeubles collectifs oblige à la destruction des arbres, détruit les zones vertes et créé des vis-à-vis désagréables en engendrant des cités infiniment tristes et monotones.

De plus, le peu d'importance de chacun des immeubles composant ces groupements ne permet pas de réaliser la qualité de construction que nous exigeons de celles dont nous dirigeons l'exécution.

Ces quelques raisons essentielles nous font donc proposer un seul important immeuble qui sera construit comme "Les Frênes" en briques massives porteuses de haute résistance, de 0,28 d'épaisseur, matériau lourd qui garantit la longévité du bâtiment, et, en recréant par sa masse le volant thermique des construction anciennes, assure une parfaite isolation thermique et aussi phonique entre les appartements.

L'enseignement tiré de notre chantier "Les Frênes" à Bordeaux et de nombreux autres achevés ou en cours d'exécution sur la côte méditerranéenne, l'importance des bâtiments projetés pour Caudéran, tant au "Parc Raymond Poincaré" qu'au "Parc Jules Michelet" dont les plans-masse ont été déposés en même temps pour demande d'accord préalable, nous permettent, avec la collaboration assurée de Monsieur Dlmas, l'entrepreneur, et de Monsieur Maubaret, mon directeur des travaux à Bordeaux, d'améliorer l'exécution, l'esthétique et l'équipement de ces immeubles et de donner le maximum de surface à chacun des appartements les composant.

[...]

Ce principe d'un seul important immeuble en limitant à moins de 10 % la surface construite au sol nous permet de conserver la quasi totalité des beaux arbres existant tout en réservant entre eux et notre bâtiment un espace de pelouse non complanté, préservé du nord par le vaste écran de notre construction.

[...]".

 

René Guibaut, l'homme des premières grandes résidences

René Guibaut (1899-1979) est issu d'une famille bordelaise d'entrepreneurs de travaux publics connus au XIXe siècle pour plusieurs réalisations. La deuxième génération poursuit les traces de l'entreprise, à l'exception de Jean-Lucien (1881-1951) qui fait des études d'architecture et l'un de ses frères Ernest-Auguste (1870-1923) qui est artiste, spécialisé dans la peinture et la décoration. Deux de ses fils connaissent une certaine renommée : André (1903-1966) d'une part, qui est connu pour ses expéditions et ses rôles diplomatiques en Asie et au Moyen-Orient et René d'autre part, qui se fait connaître à Bordeaux comme décorateur puis directeur artistique de l'atelier "ADIMA" (atelier de décoration intérieure moderne et artistique), créé vers 1927 par les grands magasins bordelais "Aux Dames de France". Cet atelier suit les traces d'un plus célèbre, "PRIMAVERA",  lancé par le magasin parisien Le Printemps à l'occasion du salon des arts décoratifs de 1925 et dans lequel collaborent les plus grands artistes au service du mobilier et de la décoration modernes.

René Guibaut semble titulaire du diplôme d'architecte au cours des années 1930 puisqu'il collabore avec ce titre avec Pierre Vago pour l'édification du Pavillon de l'art des fêtes à l'Exposition universelle de Paris en 1937. Au cours des années 1950, il est dit ingénieur-constructeur et se trouve à la tête d'une entreprise de maîtrise d'ouvrage qui a mis au point avec une équipe technique des plans-types d'immeubles de grande hauteur avec principes constructifs normés et qualitatifs. Il réalise à Nice et à Bordeaux un certain nombre résidences, toutes implantées dans un cadre végétal hérité des agréments d'une belle propriété (souvent détruite pour l'occasion) dont les principales sont :

  • résidence "Les Frênes" (1956-1959), 108 logements
  • résidence "Parc Raymond Poincaré" (1959-1962), 212 logements
  • résidence "Parc Michelet" (1959-1962), 132 logements
  • résidence "Le Voltaire" (1959-1961), 280 logements à Talence
  • résidence "Liotard" (1961-1966), 208 logements
  • résidence "Parc Georges V" (1958-1961), 200 logements à Nice

LOCALISATION

DOCUMENTS

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