DÉNOMINATION
HISTORIQUE
Période
seconde moitié du XXe siècleAnnée(s) de réalisation
1958Commanditaire(s)
Rectorat de l'Académie de Bordeaux Crous de BordeauxConcepteur(s)
Pierre Mathieu, André Bersagol, Roger Tagini (architectes) Atelier Ferret (architectes), Alonso et Sarraute (architectes associés)A GRANDS TRAITS
Le mercredi 5 novembre 1958 marque l'ouverture du plus grand restaurant universitaire de France. Il se trouve à Bordeaux, rue Sauteyron, à deux pas des facultés de la place de la Victoire. Au menu du premier repas : tranche de pâté, rôti de porc, purée de pomme de terre, salade, fromage, poire. 100 francs, vin non compris.
L'édifice, d'une grande qualité architecturale, est transformé en 2007 en résidence universitaire.
DANS LE DÉTAIL
Au-delà du côté pratique, la construction d'un tel restaurant répond à la fois à la hausse des étudiants dans les universités du centre ville et à leur manque de moyen pour se nourrir.
L'équipe de l'architecte Pierre Mathieu est désignée pour établir le programme et les plans, validés en novembre 1956. En lieu et place de hangars, ils proposent un bâtiment en retrait de la rue Sauteyron et légèrement plus haut que les faîtages des immeubles de pierre alentours. La façade principale est traitée tout en horizontalité et valorise, dans un bloc central en légère saillie, les deux niveaux de restauration pouvant accueillir jusqu'à 500 couverts. Des restaurants filtre une lumière abondante donnée par les larges baies vitrées orientées sud et tamisée au besoin par d'élégants brise soleil en aluminium. Au-dessus, un dernier étage en retrait offre cache les bureaux de l'administration.
L'ensemble des niveaux est desservi par un escalier hélicoïdal placé dans dans l'angle ouest. Sa monumentalité est valorisé par de grands vitrages où la lumière naturelle suit le même traitement que pour les restaurants.
Un jardin occupe le reste de la parcelle qui s'étend jusqu'au cours Aristide-Briand, un logement de direction est construit sur trois niveaux, au numéro 8 de la rue Louis-Liard.
Des modifications d'usage
Au cours des années 1980, une extension métallique est construite devant la façade principale, dénaturant ainsi le programme d'origine mais permettant d'augmenter le nombre de couverts. En 2006, un concours pour transformer l'ensemble des bâtiments en résidence universitaires de 140 chambres est lancé. L'Atelier Ferret (Alonso et Sarraute architectes associés) le remporte et fait réapparaître la façade d'origine masquée depuis plusieurs décennies. Même si les brise soleil sont retirés, l'escalier monumental est restauré, permettant à l'ensemble de conserver une cohérence d'origine.
En 2014, le passage d'entrée donnant sur le cours Aristide-Briand, numéro 89, est comblé par la construction d'un immeuble à deux travées (résidence Jean-Anouilh), mis à la hauteur de la corniche du 91. Sa façade en béton armé couleur pierre est dissimulée derrière une paroi de verre à maille métallique en laiton. Cette dernière réalisation, toujours de l'Atelier Ferret, est récompensée en 2017 par le 1er prix du Palmarès régional Aquitain d'Architecture.
Œuvre du 1%
En janvier 1957, Pierre Mathieu présente la candidature de l'artiste bordelais Edmond Boissonnet (1906-1995) pour la décoration du restaurant, dans le cadre de la récente loi du 1% culturel (1951).
Boissonnet est retenu et entreprend la peinture d'un panneau de grandes dimensions pour l'un des réfectoires. Le titre, "Jeunesse", rend hommage aux étudiants qui fréquentent l'établissement au quotidien. À l'occasion de la réhabilitation du bâtiment, l'œuvre a été restaurée en 2012.
Pierre Mathieu travaille à nouveau avec l'artiste à l'Institut national des sourdes et muettes à Gradignan où Boissonnet exécute des vitraux.