DÉNOMINATION
HISTORIQUE
Année(s) de réalisation
1998Concepteur(s)
Richard RogersPROTECTION(S)
Plan Local d'Urbanisme
A GRANDS TRAITS
Le tribunal moderne de Bordeaux s’implante derrière le palais classique, établissant un dialogue volontaire entre tradition et modernité. Conçu par l’architecte Richard Rogers, le bâtiment prend place sur l’ancien site du Fort du Hâ, dont subsistent encore deux tours médiévales. Sa volumétrie basse et horizontale a été pensée pour ne pas concurrencer la monumentalité du Palais de justice de Bordeaux, tandis qu’un grand parvis public, où est inscrite la Déclaration des droits de l’homme, accueille les visiteurs. L’ensemble fonctionne comme un véritable campus judiciaire dans lequel les bâtiments témoignent de différentes époques de la justice.
L’élément iconique du projet est la vaste toiture métallique ondulante qui couvre l’ensemble du tribunal. Cette toiture « flottante » en métal léger présente une silhouette évoquant un hangar ou un atelier industriel, signature caractéristique de l’architecture high-tech de Rogers. Au-delà de son impact visuel, elle remplit une fonction climatique en assurant protection solaire et ventilation naturelle, tout en créant sous elle un grand espace intérieur continu comparable à un hall couvert.
Les salles d’audience constituent l’élément le plus marquant du bâtiment grâce aux sept volumes coniques en bois, souvent appelés « vessels ». Réalisés en bois lamellé, ils percent la toiture afin d’apporter lumière naturelle et ventilation. Leur forme conique, inspirée des cuves à vin bordelaises, porte une forte dimension symbolique : chaque salle devient un objet autonome, métaphore du procès comme espace singulier et sacralisé. À l’intérieur, la présence du bois introduit une atmosphère chaleureuse et solennelle qui contraste avec la structure métallique industrielle environnante.
L’organisation fonctionnelle du tribunal repose sur une structuration en trois strates. Le socle public correspond au hall couvert situé sous la grande toiture, espace d’attente et de circulation ouvert aux usagers. Au-dessus prennent place les volumes judiciaires constitués par les « vessels », tandis qu’à l’arrière se développe une barre de bureaux accueillant les espaces administratifs, reliés par des passerelles métalliques. Cette séparation spatiale traduit clairement la hiérarchie et le fonctionnement des différentes composantes de l’institution judiciaire.